Facteurs associés à l'apparition et à la persistance du trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité infraclinique et complet chez les femmes : une étude épidémiologique en population généraleFactors associated with the occurrence and persistence of subthreshold and full attention-deficit hyperactivity disorder in women: A population-based epidemiological study.
- Les expériences adverses dans l'enfance et un faible lien parental sont associés au TDAH sous-seuil et complet chez la femme.
- L'agrégation familiale et un âge précoce d'apparition sont des caractéristiques marquantes du TDAH complet mais pas de sa persistance.
- La persistance du TDAH est principalement liée à des marqueurs pro-inflammatoires (monocytes, neutrophiles, hsCRP) et cardiométaboliques (insuline, leptine).
Étude populationnelle robuste (N=2741) avec analyses multivariées et centrées sur la personne. Aborde un sujet cliniquement pertinent (TDAH féminin et ses facteurs de persistance) avec des implications directes pour le dépistage et la prise en charge.
L'étude est transversale et ne permet pas d'établir de causalité. L'échantillon est limité à une région géographique (Lausanne, Suisse) et à une tranche d'âge (35-88 ans), ce qui peut limiter la généralisabilité. Les données rétrospectives sur les expériences adverses et l'âge d'apparition peuvent être sujettes à des biais de mémoire. La classification du TDAH sous-seuil repose sur des seuils non standardisés, ce qui peut affecter la comparabilité. Les marqueurs immunologiques et métaboliques n'ont été mesurés qu'à un seul moment, ne reflétant pas les variations temporelles.
Cette étude épidémiologique a analysé les facteurs associés au TDAH (sous-seuil, complet, persistant) chez 2741 femmes (35-88 ans) issues de la cohorte CoLaus|PsyCoLaus. Les résultats montrent que les expériences adverses dans l'enfance et un faible lien parental sont communs aux formes sous-seuil et complètes. L'agrégation familiale et un âge précoce d'apparition caractérisent le TDAH complet, tandis que la persistance est associée à des marqueurs immunologiques et cardiométaboliques élevés. Une analyse en classes latentes a identifié un sous-groupe « accablé » avec plus de traumatismes et une persistance plus élevée.
Les expériences adverses dans l'enfance et un faible lien parental sont associés au TDAH sous-seuil et complet chez la femme. L'agrégation familiale et un âge précoce d'apparition sont des caractéristiques marquantes du TDAH complet mais pas de sa persistance. La persistance du TDAH est principalement liée à des marqueurs pro-inflammatoires (monocytes, neutrophiles, hsCRP) et cardiométaboliques (insuline, leptine). Une analyse en classes latentes a différencié un sous-groupe « accablé » (traumatismes élevés) et un sous-groupe « idiopathique » ; le premier a un taux de persistance plus élevé. L'hétérogénéité du TDAH féminin dépend non seulement de la sévérité mais aussi de facteurs contextuels et biologiques.
Le dépistage du TDAH chez la femme devrait inclure une évaluation des traumatismes infantiles et de la qualité du lien parental. Les marqueurs immunologiques et cardiométaboliques pourraient aider à identifier les patientes à risque de persistance du TDAH. Les approches thérapeutiques pourraient être adaptées en fonction du sous-groupe (accablé vs idiopathique) pour améliorer l'efficacité. Une attention particulière aux comorbidités somatiques, notamment inflammatoires et métaboliques, est nécessaire dans le suivi des femmes avec TDAH persistant.
Élevé