Manifestations neurologiques chez les adultes survivants de la maladie à virus EbolaNeurological Manifestations in Adult Survivors of Ebola Virus Disease.
- Les survivants d'Ebola présentent des séquelles neurologiques affectant l'ensemble du névraxe : cognitives, céphalées, sommeil, humeur, motricité et sensibilité.
- La plupart des symptômes neurologiques s'améliorent avec le temps, mais certains persistent au-delà de 7 ans (mémoire, irritabilité, concentration).
- L'étude a inclus 148 survivants et 81 témoins avec un suivi prolongé (77,7 % de rétention à 7 ans).
Article pertinent pour la neurologie et la neuropsychologie clinique, avec un haut niveau de preuve (étude prospective longitudinale avec groupe contrôle, publication dans une revue de premier plan). Toutefois, le sujet (séquelles d'Ebola) est peu fréquent en pratique clinique française courante, ce qui modère la note de pertinence pour NeuroWatch.
Étude monocentrique au Libéria, limitant la généralisation à d'autres contextes. Les scores d'examen neurologique ont été développés spécifiquement pour l'étude et nécessitent une validation externe. Taux d'attrition non négligeable (environ 22 % de perdus de vue à 7 ans). Absence de données d'imagerie cérébrale ou de biomarqueurs pour objectiver les lésions. Le groupe témoin (contacts séronégatifs) pourrait ne pas être parfaitement représentatif de la population générale.
Cette étude prospective longitudinale menée au Libéria (PREVAIL III) a évalué les séquelles neurologiques chez 148 survivants adultes d'Ebola (séropositifs) et 81 contacts séronégatifs sur plus de 7 ans de suivi. Les survivants présentaient des atteintes neurologiques diffuses : troubles cognitifs (56,1 %), céphalées persistantes (66,2 %), anomalies du sommeil (27 %), dépression (49,3 %), dysfonction sexuelle (32,4 %), tremblements (20,3 %), fatigue (51,1 %), anomalies des nerfs crâniens (40,5 %) et sensorielles (30,4 %). Avec le temps, la plupart des symptômes se sont améliorés, mais certains ont persisté, notamment la perte de mémoire (57,4 % vs 26,2 % chez les témoins), l'irritabilité (36,5 % vs 14,8 %) et les troubles de concentration (29,6 % vs 9,8 %). L'infection à Ebola est donc associée à des complications neurologiques durables, justifiant un suivi spécialisé.
Les survivants d'Ebola présentent des séquelles neurologiques affectant l'ensemble du névraxe : cognitives, céphalées, sommeil, humeur, motricité et sensibilité. La plupart des symptômes neurologiques s'améliorent avec le temps, mais certains persistent au-delà de 7 ans (mémoire, irritabilité, concentration). L'étude a inclus 148 survivants et 81 témoins avec un suivi prolongé (77,7 % de rétention à 7 ans). Les examens neurologiques standardisés montrent des anomalies significatives chez les survivants par rapport aux témoins. La charge de soins neurologiques et les conséquences socioéconomiques sont accrues chez les survivants d'Ebola.
Un suivi neurologique et neuropsychologique à long terme est recommandé pour les survivants d'Ebola. Les cliniciens doivent être attentifs aux plaintes cognitives (mémoire, concentration) et aux troubles de l'humeur persistants. La récupération neurologique est possible mais lente ; des interventions de réadaptation peuvent être nécessaires. Ces résultats soulignent l'importance d'intégrer l'évaluation neurologique dans les soins post-épidémiques.
Élevé