Les enfants classés comme à risque moyen par le M-CHAT-R à l'âge de deux ans présentent une probabilité accrue de défis développementaux subtils mais étendus à l'entrée à l'école maternelle : résultats de la cohorte nationale française ELFEChildren Classified as Medium-Risk by the M-CHAT-R at Age Two Years Have an Increased Likelihood of Subtle but Widespread Developmental Challenges at Preschool Entry: Results From the French National Birth Cohort ELFE.
- Les enfants classés à risque moyen par le M-CHAT-R à 2 ans ont un risque deux fois plus élevé de retard développemental à 3,5 ans.
- Les scores cognitifs et langagiers étaient en moyenne inférieurs de 0,4 écart-type chez les enfants à risque moyen.
- Malgré ces difficultés, la plupart des enfants à risque moyen fréquentaient l'école et leur vie scolaire était similaire à celle des pairs à faible risque.
Article issu d'une cohorte nationale de grande envergure, montrant l'utilité du M-CHAT-R au-delà du TSA. Pertinent pour les cliniciens francophones en neuropsychologie et autisme. Niveau de preuve élevé (étude observationnelle prospective).
L'étude n'a pas évalué directement le diagnostic de TSA, se basant uniquement sur le M-CHAT-R. Les biais de sélection et de mesure sont possibles dans une cohorte observationnelle. Les résultats peuvent ne pas être généralisables à d'autres contextes que la France.
Cette étude a utilisé les données de la cohorte ELFE pour examiner si le statut de risque au M-CHAT-R à 2 ans (faible vs moyen) est associé à des difficultés cognitives, comportementales et adaptatives à 3-4 ans. Parmi 10 471 enfants, ceux à risque moyen (n=1 248) présentaient une probabilité accrue de retard développemental (16,6% vs 6,1%, RR ajusté=2,2) et des scores cognitifs et langagiers inférieurs, bien que leur vie scolaire soit similaire aux enfants à faible risque. Les résultats suggèrent un besoin d'amélioration de l'accès aux soins neurodéveloppementaux pour ce groupe.
Les enfants classés à risque moyen par le M-CHAT-R à 2 ans ont un risque deux fois plus élevé de retard développemental à 3,5 ans. Les scores cognitifs et langagiers étaient en moyenne inférieurs de 0,4 écart-type chez les enfants à risque moyen. Malgré ces difficultés, la plupart des enfants à risque moyen fréquentaient l'école et leur vie scolaire était similaire à celle des pairs à faible risque. Les enfants à risque moyen étaient plus souvent des garçons et issus de familles socioéconomiquement défavorisées.
Le dépistage par M-CHAT-R à 2 ans peut identifier non seulement les enfants à risque de TSA, mais aussi ceux présentant des difficultés développementales plus larges. Un suivi neurodéveloppemental précoce et un soutien scolaire pourraient améliorer les résultats pour les enfants à risque moyen. Les cliniciens devraient considérer les facteurs socioéconomiques et le sexe dans l'interprétation des résultats du M-CHAT-R.
Élevé