Analyse de trios dans la dystonie identifie des variants de novo de KLC1 dans une kinésinopathie avec des caractéristiques motrices et neurodéveloppementales distinctesTrio analysis in dystonia identifies de novo KLC1 variants in a kinesinopathy with distinct motor and neurodevelopmental features.
- 11,7% des cas de dystonie (30/257 trios) présentent des variants de novo dans des gènes contraints, sans implication antérieure dans des maladies autosomiques dominantes ou liées à l'X.
- Sept patients non apparentés avec troubles du mouvement et neurodéveloppementaux partagent des variants faux-sens de novo dans KLC1, clusterisés dans le domaine TPR.
- Trois variants affectent le même résidu d'acide aminé et sont associés à un phénotype dystonique-spastique sévère à début infantile.
L'article présente une découverte génétique originale avec validation fonctionnelle, pertinente pour les cliniciens impliqués dans les troubles du mouvement et neurodéveloppementaux. Bien que la cohorte soit modeste, la qualité des données et la réplication partielle confèrent un niveau de preuve élevé.
L'échantillon de patients porteurs de variants KLC1 est limité à sept individus, nécessitant une confirmation dans des cohortes plus larges. Tous les variants fonctionnellement testés ne l'ont pas été dans les mêmes conditions, et certains variants n'ont pas été testés. Les études fonctionnelles ont été réalisées in vitro et peuvent ne pas refléter pleinement la pathogénie in vivo. La pénétrance et l'expressivité des variants KLC1 restent à déterminer dans des populations non apparentées.
Cette étude a analysé les données de séquençage d'exomes de 257 trios de patients atteints de dystonie afin d'identifier des variants de novo dans des gènes fortement contraints sur le plan mutationnel. Des variants faux-sens et perte de fonction de novo ont été trouvés dans 11,7% des cas. Sept patients non apparentés présentant des troubles du mouvement et neurodéveloppementaux portaient des variants faux-sens de novo délétères distincts dans KLC1, codant une sous-unité de la kinésine-1. Ces variants se groupent dans le domaine TPR de liaison aux adaptateurs de cargaison, et trois variants ciblent le même acide aminé, associés à un phénotype dystonique-spastique à début infantile. Des études fonctionnelles ont montré des changements de stabilité de KLC1 et/ou une altération de la liaison à des interacteurs comme JIP3, précédemment liés à la dystonie. Ces résultats suggèrent l'existence d'une kinésinopathie liée à KLC1 avec un recouvrement phénotypique avec d'autres maladies liées à des défauts mutationnels de ses interacteurs.
11,7% des cas de dystonie (30/257 trios) présentent des variants de novo dans des gènes contraints, sans implication antérieure dans des maladies autosomiques dominantes ou liées à l'X. Sept patients non apparentés avec troubles du mouvement et neurodéveloppementaux partagent des variants faux-sens de novo dans KLC1, clusterisés dans le domaine TPR. Trois variants affectent le même résidu d'acide aminé et sont associés à un phénotype dystonique-spastique sévère à début infantile. Les études fonctionnelles révèlent une altération de la stabilité de KLC1 et/ou de la liaison à des partenaires comme JIP3, un interacteur déjà impliqué dans la dystonie. Ce travail établit une nouvelle kinésinopathie liée à KLC1, avec un spectre clinique chevauchant d'autres maladies neurodéveloppementales et motrices.
Le séquençage en trio devrait être considéré dans l'évaluation génétique des dystonies, en particulier chez l'enfant avec atteinte neurodéveloppementale. Les variants de KLC1 doivent être recherchés chez les patients présentant une dystonie-spasticité infantile d'origine inconnue. La reconnaissance de cette kinésinopathie pourrait guider le conseil génétique et le suivi des patients, avec une possible stratification des essais thérapeutiques. Les données issues de cette étude (compendium des variants de novo) constituent une ressource pour de futures découvertes de gènes de dystonie.
Élevé